Observatoire Théologico-Politique

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“Gouvernance insécuritaire” et la ville : le NYPD en procès

by observatoiretheologicopolitique

Le programme “Stop-and-Frisk” du New York Police Department (NYPD), qui a tant choqué en Amérique, fait l’objet d’un procès retentissant devant une cour fédérale : Floyd, et al. v. City of New York, et al.

Sur le site du Center for Constitutional Rights :

http://ccrjustice.org/floyd

Sur le site de Communities United for Police Reform :

http://changethenypd.org/

Sont en cause les pratiques discriminatoires institutionnalisées d’arrestations musclées pratiquées par le NYPD, de manière quasi-systématique, sur les individus noirs et latinos.

En somme, ce procès pourrait faire jurisprudence, dans un sens comme dans l’autre :

Soit la réaffirmation des droits constitutionnels des individus (Equal Protection Clause du XIVe amendement), mais aussi du primat déontologique sur les impératifs de sécurité.

Soit par la multiplication des actions de prévention de type policier, celle-ci requérant logiquement certaines formes de répression.

Par exemple :

-stigmatisation croissante de groupes particuliers ;

-mais aussi de comportements particuliers (suspicious behavior)

-accroissement des mesures de zoning et de quadrillage territorial ;

-entrisme policier dans les groupes violents qui, dans un contexte pré-insurrectionnel, nécessite collusion et collaboration avec certains groupes ;

-difficultés croissantes à distinguer entre la sphère militaire et la sphère policière ;

-accroissement des ressources technologiques civiles et militaires (cameras, drones).

Il n’y a pas lieu de louer le prétendu “libéralisme” de nos sociétés qui, de démocratiques, penchent aujourd’hui pour l’autoritarisme.

La “ville” est devenue progressivement le paradigme d’une nouvelle forme de “guerre” et de délinquance, qui a une valeur symbolique en soi. Protéger la “ville”, c’est protéger le pouvoir : il y a là une image de nature impériale qui doit être collée sur la réalité sociale, pour sciemment la déformer. La “ville”, c’est l’urbs, alter-ego de l’orbs : le siège, le centre, le coeur du système.

On va le répéter : l’Evangile, c’est l’antidote pour toute intoxication de ce type. C’est le rejet de l’Empire, comme de toute image impériale.

Ces images et emblèmes masquent la réalité, ils la travestissent ; ils bloquent la pensée, et interdisent de trouver d’authentiques solutions aux problèmes.

“Gouvernance insécuritaire” : des manifs aux émeutes (2)

by observatoiretheologicopolitique

Le climat de peur qui nous enserre doit d’être démystifié : cette peur est un écran de fumée qui doit nous faire réclamer l’abandon de nos libertés, et la répression des “sauvageons” qui sont accusés d’être les maux de la société.

Les réactions des concitoyens, et des parisiens suite aux débordement du Trocadéro sont typiques de cette intoxication : création d’un évènement potentiellement violent ; encadrement d’amateurs ; réactions d’un préfet de police montré du doigt : il y avait des “milliers de casseurs”, ce qui est, semble-t-il, un peu exagéré ; création d’un état de peur.

 

http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/05/14/au-trocadero-la-grande-messe-du-psg-vire-a-l-emeute_3187148_3242.html

 

 

 

On a des raisons d’avoir peur : la crise sociale, due aux pressions toujours plus grandes du système néolibéral, ne va pas s’atténuer. Les bandes de pillards vont agir de plus en plus librement. Au risque de rencontrer, en retour, une violence extrême, portée par la police et poussée par le peuple.

A mesure que nos Etats perdent leur souveraineté ; que les fonctions régaliennes sont rognées par les forces transnationales de la l’économie et de la finance, leur puissance se décuple à l’intérieur de leurs frontières.

Le resserrement, et le repli des Etats en tant que coquilles protectrices encore d’usage pour servir et protéger les élites, va accroître la pression policière sur les citoyens.